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Blog de la fédération UDB du Trégor-Goelo

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L'UDB contre la réforme du bac pro en 3 ans

Au-delà du lycée professionnel Jules Verne de Guingamp, en Bretagne c’est plus de 250 cursus de formation professionnelle dont 240 dans les lycées publics, qui vont être modifiées. En effet, dès la rentrée 2008, la moitié des BEP tertiaire, le tiers des BEP hôtellerie, électronique, électrotechnique et d’autres encore, devront être transformés en 1ère année d’un bac-pro en 3 ans. C’est ce que révélait la lettre envoyée par Xavier DARCOS, Ministre de l’Education nationale aux recteurs d’académies.

 

Or, ainsi que le soulignait le vœu adopté à la majorité par le Conseil régional de Bretagne lors de sa session de décembre 2007, vœu qui demandait au Ministre de surseoir à toute décision, les conséquences immédiates des dispositions de la réforme envisagée se traduiront dès la rentrée 2008 par la fermeture de 39 divisions soit l’équivalent de 1000 lycéens et par la sortie du cursus de formation pour de nombreux élèves sans formation.

 

Coup de force ministériel :

Bien que tous les effets de ces propositions n’aient pas pu être évalués compte tenu de la soudaineté de l’annonce faite par les services de l’Etat, les conséquences matérielles en termes d’équipement et d’immobilier dans les lycées seront certainement très lourdes à supporter financièrement pour le Conseil régional financeur des investissements dans les lycée. Cette réforme imposée risquant de se traduire par des besoins d’ouverture en apprentissage à la charge de la Région, soit de nouveaux transferts de charges non compensés. Sur ce point, le rapport 2007 de l’IGEN, l’ Inspection générale de l’ Education nationale est clair : le Ministre DARCOS et derrière lui l’ Etat , veut faire passer sa réforme pour des raisons budgétaires et ce au détriment des élèves et de leur avenir professionnel et social. Les conséquences en matière immobilière et d’équipement pédagogique des lycées professionnels n’ont pas été évalués.

 

Aucune préparation :

Mona BRAS et l’ Union démocratique bretonne dénoncent la méthode choisie : soudaineté, brutalité, précipitation, improvisation, aucune concertation ! aucune étude d’impact n’a été initiée ! l’intérêt des jeunes, les moyens d’accompagnement des élèves en difficulté ne sont pas précisés, l’adaptation des programmes d’enseignement ne sont pas connus !

Alors que les lycées qui ont expérimenté le bac-pro en 3 ans dressent aujourd’hui un bilan amer contrastant avec l’enthousiasme des débuts : les chiffres ont là, ces lycées font état d’une perte de l’ordre de 22% des élèves en cours de cursus dont 15% la première année. En effet vouloir enseigner en 3 ans ce qui l’était en 4 se traduit par 600 heures de cours supprimés en enseignement technologique et 400 heures en enseignement général : cela traduirait-il la volonté d’un bac-pro au rabais ? ou la volonté déguisée d’une sélection des élèves à l’entrée ? cela se traduira de toute façon par des suppressions de postes d’enseignants.

Déjà en 2005, Didier PRAT inspecteur général soulignait que l’impréparation des programmes était cause d’échecs. Dans son rapport de 2005, il identifiait l’absence de programme comme une des sources d’échecs en bac-pro 3 ans ; il écrivait : « il y a lieu de souligner qu’une grande majorité d’élèves ne peut pas suivre un parcours vers un baccalauréat professionnel au terme du collège ».

Or, la réforme applicable dès 2008, prévoit que « le contenu de la première année de formation sera adaptée par les équipes pédagogiques en prenant en compte les référentiels et les programmes des BEP et des bacs-pro » et ce sans aucune concertation avec les enseignants chargés de cette nouvelle mission d’adapter des programmes !

Le risque est que les élèves les plus fragilisés ne trouvent plus dans le service public de parcours de réussite.

 

Même le Sénat est contre cette réforme !

En effet, les rapporteurs au Sénat du budget du Ministre DARCOS, ont critiqués très sévèrement le projet de généralisation du bac-pro en 3 ans et ont émis un avis défavorable à l’adoption de ce budget au motif que : »la généralisation hâtive du bac-pro en 3 ans fait courir le risque de l’impréparation avec les conséquences qui l’accompagnent naturellement. Votre rapporteure juge donc nécessaire de prendre le temps de la réflexion à ce sujet et de se déprendre de l’idée qu’il serait nécessaire d’appliquer le même traitement à toutes les filières. Les progrès futurs de l’enseignement professionnel se mesureront bien au contraire dans sa capacité à prendre en compte les besoins singuliers des élèves sans chercher à leur imposer un rythme d’études en particulier, qui pourrait ne pas leur convenir ».

 

Mona BRAS, élue du Conseil régional de Bretagne, assemblée compétente pour l’élaboration du plan de développement des formations professionnelles, et les militants de l’ UDB, rejoignent les enseignants, les élèves et leurs parents pour demander une véritable concertation sur cette réforme car, si tous les élèves de seconde professionnelle n’ont pas le niveau suffisant pour atteindre le niveau du bac en 3 ans, faut-il pour autant les condamner au CAP, voire à quitter la scolarité sans aucun diplôme ?


Pour l'UDB - Mona BRAS, conseillère régionale et municipale



Paru dans l'écho de l'Armor N°3065 - du 10 au 16 janvier 2008

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