Dimanche 29 juin 2008



Le 18 juin dernier, le Parlement européen a adopté la directive dite « retour », plus communément appelée « directive de la honte ». Ce texte prévoit la mise en rétention, c'est à dire l'enfermement pendant une période pouvant aller jusqu'à dix huit mois, y compris de mineurs isolés, ainsi que la systématisation de l'interdiction du territoire de l'Union européenne pendant cinq ans pour les personnes expulsées.


Cette directive est un recul pour les droits de l'Homme en Europe. Elle intervient dans un contexte de durcissement tant au plan européen qu'en France même avec la politique menée par M. Sarkozy depuis 2002, d'abord en tant que ministre de l'intérieur, puis en tant que président de la République (CESEDA, politique du chiffre, politique de quotas...). Pour l' UDB, la fermeture des frontières préserve surtout les conditions qui font des inégalités une donnée structurelle de l'état du monde aujourd'hui.


Cette directive sonne comme le glas d’une certaine conception de l’Europe, terre d’accueil, de paix et de
solidarité. A la veille de la présidence française, qui sera placée sous le signe de « l’Europe-protection », la majorité des parlementaires a-t-elle voulu accueillir à sa façon Sarkozy en lui offrant un remake de ses politiques ?


Si aujourd’hui en Europe, la brutalité administrative normalisée devient l’outil de gestion des flux migratoires liés à la crise alimentaire ; si les réfugiés climatiques, après la violence de l’exil, subissent l’accueil répressif de la rétention et de l’expulsion, alors le Parlement européen est en train de perdre sa crédibilité quant à sa capacité à tenir son rôle d’instance démocratique.


L’Europe-forteresse n’est pas la réponse à la crise planétaire qui touche les plus pauvres d’entre nous. Les quelques millions de personnes qui tentent de migrer vers l’ Europe ne sont rien par rapport à la marée humaine des victimes du libre-échange, de l’ endettement, du FMI, de l’ OMC, du Farm-bill et d’une certaine gestion des fonds de la PAC : 50 millions de paysans ruinés et… affamés quittent leurs terres chaque année pour rejoindre les bidonvilles…



La paix dans le monde passe d’abord par la réponse alimentaire : 12 millions de personnes qui meurent de faim chaque année, c’est le bilan d’une guerre terrible qui ne dit pas son nom.


Pour l’UDB, la réponse à l’immigration dite illégale passe par l’aide à la mise en place de la souveraineté alimentaire, par l’accès à la terre , à l’eau et aux semences, par l’accès au crédit, aux médicaments, aux soins hospitaliers, à la trithérapie…


L’ Union démocratique bretonne espère que la Cour de justice européenne et la Cour européenne des droits de l’Homme ne seront pas insensibles aux appels qui vont être déposés par des élus et associations qui font le choix de l’humanisme. Sensible aux drames humains et familiaux liés à l'exil contraint, elle attend de l'Europe et de ses institutions un retour à ses valeurs fondatrices.


Union Démocratique Bretonne


Fédération du Trégor-Goëlo

- Publié dans : UDB - Communauté : Union Démocratique Bretonne
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